En mars 2014, j’ai été opéré d’un mélanome que j’avais détecté moi-même à un stade tellement tôt que la question de chimio ou de radiothérapie ne se posait pas. Ce choc fut vite digéré , mis entre parenthèse, et ma vie continuait : famille, fêtes, amis, travail et sport.

Rendez-vous en mammographie en novembre 2014, sur invitation du« Programme Mammographie », organisé par le Ministère de la Santé. 

Ma tante maternelle ayant eu un cancer du sein, depuis quatorze ans déjà,  je passais tous les ans en mammographie , donc pour moi plutôt une habitude annuelle et aucune inquiétude.

En 2013, une mammo avait déjà été réalisée et elle ne montrait pas d’anomalie.

Hélas en novembre 2014, alerte,  le résultat montrait une nouvelle formation de micro calcifications.

Les deux radiologues , le mien depuis quatorze ans et celui du Ministère de la Santé,se sont vite mis d’accord pour faire une biopsie sur « Prone table » : 11 échantillons furent pris. 

Quelques jours plus tard, grand soulagement,  le résultat montrait des cellules atypiques mais pas de cellules cancéreuses.

Toutefois, un groupe de 5 spécialistes, trois gynécologues et les deux radiologues estimaient que par prudence, il valait mieux enlever  la calcification,  afin d’éviter qu’un « vrai » cancer du sein ne s’établisse.

Je me suis donc fait opérer en mars 2015 sans me soucier. Toutefois, le résultat histologique montrait clairement que la micro calcification était maligne.

J’avais le choix entre une deuxième opération, avec par après des séances de radiothérapie ou de me faire enlever le tissu intégral du sein afin d’éviter la radiothérapie.

Cette décision n’a pas été chose facile. Mille pensées me passaient par la tête. …je pensais à ma famille, mes enfants. Ma vie a été perturbée d’un moment à l’autre.

Je voulais surtout faire le bon choix…hélas, pour moi le « bon choix » n’existait pas et j’ai réalisé que ma vie ne serait plus comme avant.

A l’extérieur, je suis restée plutôt discrète sur mon choix de traitement, je ne voulais pas partager ma maladie et mes douleurs émotionnelles,  excepté quelques amies et ma famille étroite qui tous m’ont fortement soutenue, étaient au courant.

Je n’étais pas intéressée à entendre les conseils de connaissances ou d’amies, à part de celles qui auparavant avaient également souffert d’un cancer de sein.  Leur avis a été fort précieux pour moi et d’une grande aide. 

De même la visite à l’hôpital de l’infirmière spécialisée, une« breast care nurse », m’a vivement aidée….ses conseils et sa sensibilité humaine m’ont extrêmement soutenue durant cette douloureuse période.

Tous les jours,  j’ai fait la promenade avec mon chien que j’avais récupéré d’un refuge et dont personne n’en voulait.  Il est devenu « ma thérapie » : Je travaillais avec lui afin de le socialiser. Ensemble, nous étions comme un binôme.

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La course à pied que je pratiquais plusieurs fois par semaine et autorisée à nouveau 6 semaines après la deuxième intervention, me permettait finalement de retrouver peu à peu ma paix intérieure. 

A ce jour, je suis en train d’élaborer un tatouage pour couvrir ma cicatrice. J’ai visité plusieurs studios, je suis toujours en réflexion sur le motif final,  je ne veux surtout rien laisser au hasard.....c’est mon corps, il m’appartient.  

Le diagnostic en 2014 fut un choc, je l’avoue. Mais au fil de ces trois ans, j’ai fait des rencontres et des expériences tellement émouvantes et chaleureuses ! Finalement c’est le cancer du sein qui m’a permis de les faire !  Hasard ou non ?

Durant cette douloureuse période de ma vie, des portes se sont fermées, d’autres se sont ouvertes. 

Aujourd’hui,  je suis guérie, je passe aux contrôle tous les six mois, non pas pour m’inquiéter mais pour m’assurer que je suis guérie.  Les moments de tristesse se sont estompés doucement, ils ne se manifestent quasiment plus.

Je suis reconnaissante d’être en bonne santé et je savoure ma vie sans me soucier du lendemain. 

Ce n’est que le moment présent qui compte.

N’oubliez surtout pas de faire votre prévention de cancer du sein...

....elle peut sauver des vies.

 

Marie                     

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