Les pilules contraceptives sont utilisées par les femmes pour prévenir des grossesses non désirées. Les débats se poursuivent sur l'augmentation du risque de développer certains cancers pouvant être liés à la prise de ces médicaments.

Qu'est-ce la pillule ?

Tous les mois, l’organisme féminin fabrique naturellement deux familles d’hormones en vue d’une grossesse : les œstrogènes, en première partie du cycle menstruel, et la progestérone, de l’ovulation jusqu’aux règles suivantes.

Les contraceptifs oraux, dits « pilules », contiennent des substances synthétiques qui miment l’action de ces hormones. L’objectif est d’éviter une grossesse soit en empêchant les ovaires de libérer un ovule, soit en faisant obstacle à la fécondation et à l’implantation d’un œuf.

Il existe deux sortes de pilules :

  • les pilules œstroprogestatives, dites « combinées », qui contiennent à la fois un œstrogène et un progestatif ;
  • les pilules microprogestatives, qui contiennent seulement un progestatif.

Que sait-on aujourd’hui de la relation du cancer du sein et la pillule ?

Le risque de cancer du sein est plus élevé pendant ou juste après l’utilisation d’une contraception hormonale que chez les femmes qui n’ont jamais utilisé de contraception hormonale. Et le risque augmente avec la durée du traitement, même si l’augmentation du risque absolu reste faible.

D’après les estimations, 140 millions de femmes dans le monde utilisent une contraception hormonale , approximativement 13 % de femmes entre les âges de 15 et 49 ,ce pourcentage a augmenté de 24 % en 1995 à 39 % en  2012. 

20 % ont plus de risque à développer un cancer du sein.

L’étude a été menée au Danemark sur 1,8 million de femmes âgées entre 15 et 49 ans et n’ayant encore jamais eu de cancer ni reçu de traitement contre l’infertilité.

Les œstrogènes favorisent le développement du cancer du sein, tandis que le rôle de la progestérone est plus complexe. 

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L’incertitude demeure sur le lien entre l’utilisation d’une contraception hormonale et le risque de cancer du sein. Les études antérieures ayant démontré une corrélation positive avaient souvent trait à des pilules combinées contenant une dose œstrogènes supérieure à celle utilisée aujourd’hui. Depuis lors, les nouvelles méthodes de contraception – comme les systèmes intra-utérins à libération de progestatif, les patchs contraceptifs, les anneaux vaginaux, les injections et les implants ne contenant qu’un progestatif – représentent un tiers environ de tous les contraceptifs hormonaux utilisés dans de nombreux pays. Une certaine inquiétude s’est toutefois répandue concernant la teneur en progestatif des contraceptifs hormonaux après la publication de résultats d’études suggérant un risque accru de cancer du sein chez les femmes ménopausées sous hormonothérapie.

Lina Mørch et ses collègues publient, dans le New England Journal of Medicine, les résultats actuellement disponibles d’une étude de cohorte épidémiologique prospective danoise sur le risque de cancer du sein chez les femmes en âge de procréer utilisant les moyens actuels de contraception hormonale. Ils ont cherché d’éventuels liens entre l’utilisation d’une contraception hormonale et le risque de cancer du sein invasif chez toutes les femmes danoises âgées de 15 à 49 ans n’ayant jamais eu de cancer ni de thrombo-embolie veineuse et n’ayant suivi aucun traitement de la fertilité. Sur les 18 millions de femmes suivies pendant une moyenne de 10,9 ans (soit un total de 19,6 millions de personnes-années), 11.517 cancers du sein ont été diagnostiqués. L’étude établit à 1,20 le risque relatif de cancer du sein parmi toutes les utilisatrices actuelles ou récentes de contraceptifs hormonaux. Ce risque passait de 1,09 pour une utilisation de moins d’1 an à 1,38 pour une utilisation de plus de 10 ans (p = 0,002). Après l’arrêt de la contraception hormonale, le risque de cancer du sein restait encore plus élevé chez les femmes qui avaient utilisé une contraception hormonale pendant 5 ans ou plus que chez les femmes qui n’avaient jamais utilisé ce type de contraception. Selon l’étude, les (récentes) utilisatrices d’un système intra-utérin délivrant seulement de la progestérone avaient, elles aussi, un risque de carcinome mammaire plus élevé que les femmes qui n’avaient jamais utilisé de contraception hormonale (risque relatif: 1,21). L’augmentation absolue totale du risque de diagnostic de cancer du sein parmi les utilisatrices actuelles ou récentes de contraceptifs hormonaux s’élevait à 13/100.000 personnes-années, ce qui correspond à 1 diagnostic supplémentaire pour 7.690 femmes utilisant une contraception hormonale pendant 1 an. 

Selon une expertise du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) menée en 2005 et actualisée en 2012, les pilules combinées entraîneraient  une légère hausse du risque de cancers du sein, du col de l’utérus et du foie :

  • une femme sous pilule combinée semble accroître légèrement son risque de cancer du sein, en particulier les jeunes femmes qui la prennent depuis peu et celles qui l’utilisent depuis 10 ans ou plus. Le risque revient à la normale 10 ans après avoir cessé de la prendre 
  • l’utilisation d’une pilule combinée à long terme, c’est-à-dire 5 ans ou plus, ferait augmenter le risque de cancer du col de l’utérus. Ce risque diminue au fil du temps après l’arrêt 

Les investigateurs concluent que le risque de cancer du sein est plus élevé pendant ou juste après l’utilisation d’une contraception hormonale que chez les femmes qui n’ont jamais utilisé de contraception hormonale. Le risque augmente en outre avec la durée du traitement, même si l’augmentation du risque absolu reste faible.

Et maintenant quelle contraception choisir ?

La pilule n'est pas le seul moyen de contraception existant. Votre médecin ou une sage-femme peuvent vous aider à choisir la contraception qui vous conviendra le mieux, avec ou sans hormones, notamment en fonction de votre histoire personnelle et familiale.

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sources :   revue multidisciplinaire d'Onco-hématologie

                  e-cancer.fr

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